Est-ce le manque de conseils ou le manque de temps ou d’énergie ? Mais la plupart des mamans d’enfants de 0 à 5 ans ne se sentent pas à la hauteur en matière de compétences parentales. Cette enquête du C.S. Mott Children’s Hospital de l’Université du Michigan révèle en fait une véritable guerre entre mères ou proches qui aboutit à des échanges de critiques sur différentes composantes de la parentalité, allant de l’allaitement à la discipline. 62% des mères déclarent ainsi recevoir de la part des autres, trop d’avis critiques et souvent inutiles, et près des deux tiers des mères ne se sentent pas à la hauteur.
Ainsi, les mamans sont le plus souvent critiquées par une autre mère ou un parent de leur propre famille sur les soins et l’éducation qu’elles apportent à leurs enfants. Une tension décrite comme familière et quotidienne pour beaucoup de mamans.
60% des mères déclarent avoir été critiquées à propos de l’ensemble de leurs pratiques parentales, de la discipline à l’allaitement maternel, selon cette enquête menée auprès de 475 mères ayant au moins un enfant âgé de 0 à 5 ans.
La majorité des mères se déclarent « submergées » par tant de visions conflictuelles sur la « meilleure façon » d’élever un enfant. Elles reçoivent une multitude de conseils non sollicités, en particulier des personnes les plus proches de leur enfant qui sous-entendent qu’elles ne jouent pas correctement leur rôle de mère.
Qui critique ?
-Les parents de la mère sont les premiers critiques malvenus : 37% des mères se sentent ainsi critiquées dans leur parentalité par leur propre mère ou leur père.
-Ensuite, les critiques viennent du conjoint ou de l’autre parent, pour 36% des mères et de la famille au sens large pour 31%, puis d’autres mères et enfin du pédiatre, des éducateurs ou autres professionnels de la Petite enfance, dont les conseils sont reçus comme plus légitimes. Finalement ce sont les amis qui se mêlent le moins de la parentalité des autres.
Quelles critiques ?
-La discipline est le sujet de critique le plus fréquent, rapporté par 70% des mères, dont une majorité éprouve de la honte, face à ce type de critique.
Les autres sujets de critiques comprennent :
-le régime alimentaire et la nutrition de l’enfant (52% des mères),
-les habitudes de sommeil (46%),
-l’allaitement maternel ou pas (39%),
-la sécurité (20%)
-et les soins apportés en général aux enfants (16%).
Les auteurs commentent ces critiques fréquentes sur l’aspect discipline, des observations particulièrement répandues en raison des différences culturelles, d’éducation, et de mentalité (prévention, interdiction, exploration …).
Une question de forme ? Les chercheurs rappellent que de récentes études ont alerté sur les effets négatifs sur la parentalité de ce type d’intrusions incessantes d’autres membres de la famille ou de proches : « Les membres de la famille devraient respecter les choix des mères de jeunes enfants effectués sur la base de données plus actualisées sur la santé, la sécurité et la personnalité des enfants ». Une question de dosage et de forme cependant, car si 42% des mères affirment que ses critiques ont parfois modifié certains choix parentaux, elles les ont également parfois poussées à être plus proactives. D’autres mères -et c’est la majorité- déclarent avoir ressenti de la honte et une perte de confiance en leur capacité à assurer leur rôle de mère. Enfin, la moitié des mères interrogées déclarent qu’elles en viennent à éviter tout simplement les personnes trop critiques et à limiter le temps passé avec l’enfant en famille ou entre amies.
D’autres ont même modifié leur parenté, ou, au contraire, renforcé leur choix parental. Enfin, beaucoup d’entre elles vont consulter un professionnel qualifié.
La plupart des mères considèrent le pédiatre et les professionnels de la petite enfance comme une source de toute confiance d’informations et de conseils précis, et ne reçoivent pas leurs observations comme des critiques de nature à remettre en question leur capacité de mère. « Les professionnels de santé ont donc un rôle crucial à jouer », écrivent les auteurs dans un communiqué. Ils devraient même « encourager les mères à poser des questions sur leurs incertitudes de parents, travailler à renforcer leur confiance et à réduire l’anxiété autour des choix parentaux ».